Appelée « néophobie », ce trouble est en fait une peur suscitée par les aliments nouveaux qui existe chez toutes les espèces omnivores. Cette crainte est banale : chacun de nous a pu un jour manifester des réticences à introduire dans sa bouche un aliment jamais encore goûté.
Considérée comme une période normale de développement de l’enfant (77% des enfants âgés de 2 à 10 ans se montrent méfiants vis-à-vis des nouveaux aliments), la néophobie est particulièrement forte entre 4 et 7 ans. Pourtant, la néophobie n’est pas un « passage obligé » : beaucoup d’enfants ne présenteront jamais ce trouble.
Comment expliquer la néophobie ?
Diverses argumentations peuvent être formulées pour expliquer la néophobie :
- Certains spécialistes estiment que la néophobie serait la traduction de la phase du « non », caractérisant une opposition aux parents ;
- D’autres établissent un parallèle avec le domaine scolaire : alors qu’à l’école, les apprentissages se multiplient, l’enfant recherche une certaine sécurité dans son alimentation et ne mange que les aliments qu’il connaît.
- On évoque parfois l’autonomie croissante : l’enfant commence à se nourrir comme un grand, seul et se pose donc des questions sur ce qu’il ingère.
- Enfin, certains experts pensent que la façon dont sont présentés les aliments, trop sévèrement, est à l’origine de la néophobie.
Quel traitement ?
Il faut donc à tout prix éviter d’être trop rigide. Une attitude trop stricte n’aurait pour effet que de créer des conflits transformant les repas familiaux en de véritables drames.
Attention, ne tombez pas dans l’autre extrême : être trop permissif risque de conduire à un grignotage permanent et à une alimentation inadaptée.
Il est donc essentiel d’adopter une attitude positive et de rester motivée : essayez de séduire votre enfant avec des plats amusants. Variez les formules, les modes de cuissons, les couleurs. Faites preuve de ruse : misez sur les gratins, les mélanges de légumes et de pâtes,… Proposez encore et encore de nouveaux aliments à votre bambin : plus il y aura goûté (même un peu), plus il aura tendance à l’accepter à la longue.
Enfin, rappelez-vous qu’après 8 ans, il est très difficile pour un enfant d’adopter une alimentation variée s’il n’en a pas pris l’habitude. L’éducation gustative s’apprend donc très tôt !